Votre chien se gratte, vous avez changé son shampoing, vérifié les parasites, adapté son alimentation et
pourtant les démangeaisons reviennent ? Lorsque les causes les plus évidentes ont été recherchées,
une autre piste mérite aujourd’hui l’attention : celle du microbiote intestinal.
C’est ce que l’on appelle l’axe intestin-peau, c’est-à-dire les interactions entre les micro-organismes
présents dans l’intestin, le système immunitaire et la santé de la peau. L’idée est donc de ne plus agir
uniquement là où le chien se gratte, mais aussi sur son équilibre général. Mais quel rapport peut
réellement exister entre le ventre de votre chien et sa peau ?
Sommaire
TogglePourquoi certains chiens continuent-ils de se gratter malgré les traitements ?

Les démangeaisons chroniques sont rarement un problème simple. Puces, allergies
environnementales, réactions alimentaires, infections ou dermatite atopique peuvent être impliquées,
parfois simultanément.
Lorsque votre chien se gratte régulièrement, la priorité reste donc d’en rechercher la cause avec un
vétérinaire. Si vous débutez vos recherches sur le sujet, vous pouvez également consulter les
principales causes du grattage chez le chien.
Mais que se passe-t-il lorsque les parasites ont été écartés, que les soins locaux apaisent seulement
temporairement la peau et que les crises reviennent ?
C’est précisément dans ces situations que l’axe intestin-peau devient intéressant. Non pas parce que
l’intestin serait responsable de toutes les démangeaisons, mais parce que la recherche montre de
mieux en mieux que l’état du microbiote peut participer à certaines maladies inflammatoires de la peau.
Autrement dit, traiter uniquement la conséquence visible sur la peau ne suffit pas toujours à
comprendre tout ce qui se passe dans l’organisme.
L’axe intestin-peau, expliqué simplement
L’intestin ne sert pas seulement à digérer les aliments. Il abrite aussi une immense communauté de
bactéries et d’autres micro-organismes qui interagissent avec la digestion, l’immunité et l’inflammation. C’est cet ensemble que l’on appelle le microbiote intestinal.
Le microbiote intestinal, un véritable écosystème
Imaginez un jardin composé de dizaines d’espèces différentes. Tant qu’elles cohabitent de manière
équilibrée, l’écosystème fonctionne normalement.
Le microbiote suit une logique comparable. Une grande diversité de micro-organismes participe à son
équilibre. Lorsque sa composition est perturbée, on parle de dysbiose.
Cette dysbiose peut être liée à de nombreux facteurs : alimentation, maladie, traitement antibiotique,
âge ou encore environnement. Elle ne provoque pas automatiquement des problèmes de peau, mais
elle peut modifier certaines interactions avec le système immunitaire.
Et c’est là que l’intestin commence à intéresser les dermatologues vétérinaires.
Comment un intestin déséquilibré peut-il se voir sur la peau ?
L’axe intestin-peau repose sur une série d’interactions complexes. Il serait donc trop simple de résumer
les démangeaisons à un problème de flore intestinale.
On peut néanmoins retenir une chaîne générale :
- le microbiote intestinal se déséquilibre ;
- certaines fonctions de la barrière intestinale et de l’immunité peuvent être perturbées ;
- des mécanismes inflammatoires peuvent être favorisés ;
- cette inflammation peut également avoir des répercussions à distance, notamment au niveau
- cutané.
Ce lien est particulièrement étudié dans le cas de la dermatite atopique.
Certains signes peuvent inciter à discuter de cette piste avec son vétérinaire, notamment lorsque
plusieurs problèmes sont associés :
- des démangeaisons qui reviennent malgré une prise en charge dermatologique ;
- des selles régulièrement molles, des gaz ou d’autres troubles digestifs ;
- un léchage ou un grattage persistant sans cause évidente identifiée ;
- une peau sensible associée à un poil terne.
Aucun de ces signes ne permet à lui seul de diagnostiquer une dysbiose. Ils montrent simplement
pourquoi il peut être pertinent d’observer le chien dans son ensemble plutôt que de considérer sa peau
de manière isolée.
Ce que la recherche vétérinaire récente a découvert
C’est ici que le sujet devient particulièrement intéressant.
Une étude publiée en 2025 dans la revue BMC Microbiology a comparé le microbiote intestinal de
chiens atteints de dermatite atopique canine à celui de chiens sains. Les chercheurs ont observé une
diversité microbienne intestinale significativement plus faible chez les chiens atteints de dermatite
atopique.
Ils ont ensuite suivi 23 chiens atteints de dermatite atopique recevant quotidiennement une association
de probiotiques pendant 16 semaines. Les scores utilisés pour mesurer la sévérité des lésions cutanées
et des démangeaisons ont diminué au cours de cette période. Chez les chiens qui répondaient le mieux,
l’amélioration était également associée à une augmentation de la diversité du microbiote.
Ces résultats sont prometteurs, mais ils doivent être remis dans leur contexte. L’étude portait sur un
nombre limité de chiens et ne comportait pas de groupe de chiens atopiques ne recevant pas de
probiotiques. Les chercheurs eux-mêmes soulignent cette limite.
Il serait donc prématuré de conclure qu’il suffit de donner des probiotiques à un chien qui se gratte.
L’étude apporte surtout un élément supplémentaire en faveur d’un lien entre microbiote intestinal et
dermatite atopique.
C’est une piste de prise en charge complémentaire, pas un remplacement du diagnostic ou du
traitement vétérinaire.
Comment soutenir la peau de son chien de l’intérieur ?
Agir sur l’axe intestin-peau consiste avant tout à créer un environnement favorable au bon
fonctionnement du microbiote et à limiter ce qui entretient l’inflammation. Cette approche ne remplace
pas les soins locaux, mais peut les compléter lorsque les démangeaisons ont tendance à revenir.
C’est dans cette logique qu’un complément comme Balto Démangeaisons peut s’intégrer à une prise en
charge plus globale du confort cutané. L’objectif reste d’agir sur plusieurs leviers en parallèle,
notamment l’alimentation, le microbiote et l’équilibre inflammatoire, sans considérer le complément
comme une solution unique.
Plusieurs pistes peuvent être envisagées.
Les probiotiques et les prébiotiques
Les probiotiques apportent des micro-organismes vivants sélectionnés pour leurs effets
potentiellement bénéfiques. Les prébiotiques correspondent quant à eux à des substances utilisées par
certaines bactéries intestinales.
Tous les produits ne se valent cependant pas. L’effet d’un probiotique dépend notamment des souches
utilisées, de leur quantité et de la situation du chien. On évite donc de considérer n’importe quel produit
fermenté ou complément comme équivalent à ceux étudiés en médecine vétérinaire.
Les oméga-3
Les acides gras oméga-3, notamment l’EPA et le DHA présents dans certaines huiles de poisson, sont
régulièrement utilisés dans l’accompagnement des problèmes cutanés.
Ils participent notamment à la modulation des mécanismes inflammatoires et peuvent être intégrés à
une stratégie globale lorsque le vétérinaire les juge adaptés.
Certaines plantes en complément
La bardane ou la pensée sauvage sont traditionnellement utilisées dans des compléments destinés au
confort cutané.
Leur utilisation doit toutefois rester mesurée. Les données scientifiques sont beaucoup moins solides
que pour certaines approches nutritionnelles. « Naturel » ne signifie pas automatiquement efficace ou
adapté à tous les chiens.
Une transition alimentaire progressive
Un changement brutal de nourriture peut lui-même perturber la digestion. Si vous modifiez
l’alimentation de votre chien, effectuez la transition progressivement, sauf indication contraire de votre
vétérinaire.
L’objectif n’est pas de bouleverser toute sa routine du jour au lendemain, mais de rechercher un
équilibre qui pourra être maintenu dans le temps.
Alimentation transformée ou fraîche : faut-il choisir pour protéger la peau ?
Opposer systématiquement croquettes et alimentation fraîche est tentant, mais peu utile.
Deux croquettes peuvent avoir des compositions nutritionnelles très différentes. Il en va de même pour
deux rations ménagères.
Ce qui compte surtout est la qualité et l’équilibre de l’alimentation, sa
digestibilité, les sources de protéines et de fibres utilisées ainsi que sa bonne adéquation avec les
besoins du chien.
Chez un chien présentant des démangeaisons chroniques, changer régulièrement de nourriture au
hasard peut même compliquer la recherche de la cause.
Si une réaction alimentaire est suspectée, le vétérinaire peut proposer un régime d’éviction encadré.
Cette démarche est bien différente du simple fait de passer d’une croquette à une alimentation fraîche
pendant quelques jours pour voir si le chien se gratte moins.
Pour soutenir le microbiote, mieux vaut donc raisonner sur la composition et la tolérance individuelle
que sur l’étiquette « transformé » ou « naturel ».
Questions fréquentes sur l’axe intestin-peau chez le chien
Les démangeaisons de mon chien peuvent-elles venir de son alimentation ?
Oui, certaines réactions alimentaires peuvent provoquer des signes cutanés. Mais l’alimentation peut
aussi influencer plus largement le microbiote intestinal. Cela ne signifie pas pour autant que toutes les
démangeaisons viennent de la gamelle. Parasites, allergènes environnementaux et infections doivent
également être recherchés.
Combien de temps faut-il pour voir un effet en agissant sur le microbiote ?
Il n’existe pas de délai valable pour tous les chiens. Dans l’étude publiée en 2025, les chiens ont été
suivis après 8 puis 16 semaines de probiotiques. Une prise en charge du microbiote se juge donc plutôt
sur plusieurs semaines que sur quelques jours.
Probiotiques ou oméga-3 : par quoi commencer ?
Ils n’ont pas le même rôle et peuvent parfois être complémentaires. Le choix dépend de l’alimentation
du chien, de ses symptômes et de son état de santé. Pour des démangeaisons chroniques, mieux vaut
définir la stratégie avec le vétérinaire plutôt que multiplier les compléments.
Dois-je arrêter les soins locaux si je travaille sur l’intestin ?
Non. L’approche par le microbiote vient compléter les soins cutanés, pas les remplacer. Un shampoing
adapté, un traitement prescrit ou d’autres solutions pour apaiser naturellement la peau peuvent
continuer à avoir leur place selon la situation.
Et si la peau n’était qu’une partie du problème ?
Les démangeaisons chroniques restent un problème complexe et il n’existe pas de solution universelle.
Mais l’étude du microbiote change progressivement notre manière d’aborder certaines maladies
cutanées.
Plutôt que de regarder uniquement la zone que le chien gratte, l’axe intestin-peau invite à prendre en
compte son alimentation, sa digestion, son microbiote et son terrain inflammatoire.
Une approche plus globale qui ne remplace ni le vétérinaire ni les soins dermatologiques, mais qui
ouvre une piste supplémentaire lorsque les démangeaisons ont tendance à revenir.






